Ma reconversion professionnelle

 

Vous a-t-on déjà dit : “que feras-tu quand tu seras plus grand ?”. Cette phrase que tout jeune français a dû entendre au moins une fois dans sa vie. Et naïvement, on répond : pompier (e), maître(esse) d’école, astronaute… Ce qu’on ne sait pas encore à cet âge-là c’est vers quelle étoile visée et surtout si cela est réalisable au long terme. A cet âge là, on envisage aucunement une reconversion professionnelle dans les années à venir…

 

Mon parcours

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais j’ai très vite pris goût à beaucoup de choses. J’aime m’abreuver de connaissances aussi diverses que variées. Difficile donc de savoir ce que je voulais faire de ma vie. Les sciences m’ont paru plus tentatrices et j’ai donc prit le chemin d’un baccalauréat STL (science et technologie de laboratoire). Il n’y a pas à dire, je me suis épanouie dans cette filière.

Et même aujourd’hui, je considère mes trois années de lycée comme les plus belles années d’études de ma vie. Tout était là pour me plaire : l’étude du corps humain, la biochimie et la microbiologie. Les travaux pratiques me permettaient de m’extasier sur un millier de choses et j’en venais à connaître plus en détails les milieux nutritifs et les différents tests en microbiologie que les matières plus terre à terre, plus concrètes, et surtout plus nécessaires à la vie quotidienne. C’est comme ça que j’en suis venu à haïr les cours de français et de langues étrangères. Pourquoi me cloitrer dans une salle, assise à une vieille table miteuse, à essayer d’apprendre deux lignes alors qu’à côté de ça mon esprit était bien plus stimulé par des expériences ?

 

L’erreur de jeunesse

Mais malgré la joie que je ressentais dans les cours scientifiques, je me suis confrontée aux choix des études supérieures : que choisir ? Mais surtout : où suis-je la bienvenue ? J’aurais su ce qui m’attendait à l’avance, je n’aurais jamais fait le choix de prendre la filière STL à la sortie du collège. Si je pensais m’ouvrir des portes en me spécialisant très tôt dans un domaine, il n’en fut rien. Les portes étaient fermées bien hermétiquement. Pendant toute ma recherche d’étude supérieure en terminal, j’ai entendu des “vous avez peut-être un niveau supérieur dans les domaines de spécialisation mais ce n’est pas le cas en mathématique” tournés à toutes les sauces.

Alors quoi ? M’était-il impossible de rattraper et bosser à fond sur de vulgaires cours de mathématique pendant que je me baladais avec une facilité déconcertante dans les cours scientifiques. Malgré toute ma motivation et mon acharnement, cela n’a servi à rien. L’administration des établissements n’en avait rien à faire. Après tout le choix ne leur appartenait pas vraiment vu que le site de l’admission post-bac. Ce diable virtuel ! Que de temps perdu pour ça…

 

La démotivation

Je me suis donc retrouvée sur les bancs de la fac. Démotivée. Au bout du rouleau. Sans plus aucun intérêt à rien. On venait brutalement de me faire tirer un trait sur mon envie de carrière et sur le rêve que je pensais réalisable et cela parce que je n’avais pas pris une filière dite « conventionnelle ». Autant dire que je suis vite sortie du monde nébuleux des études supérieures et c’est ainsi que je me suis retrouvée, jeune fille, à faire du secrétariat médica.

Je ne le regrette pas, l’expérience m’a permis de me révéler. Les sciences, c’était très bien, mais le contact humain, c’était encore mieux. J’ai passé quatre années à faire un petit travail gagne-pain. Le rythme était tranquille, un peu trop d’ailleurs pour l’hyperactive que je suis. La patientèle était adorable. Et le médecin vraiment formateur puisqu’il m’a permis d’apprendre à me servir de tous les appareillages et comment on pouvait analyser les résultats par rapport à ce qu’on y voyait. C’est pendant cette période de calme que j’ai pu recommencer à réfléchir : ferais-je ce job toute ma vie ? Et la réponse a été limpide très rapidement : NON !

 

Le déclic vers la reconversion professionnelle

Pendant mes quatre ans de secrétariat, je me suis lancée à corps perdu dans une passion que j’avais déjà auparavant : la lecture. Depuis le lycée et ma découverte des grands noms du polar français, je m’étais mise à dévorer livre sur livre. Mes journées n’étant pas complètes au cabinet, je m’adonnais avec encore plus d’entrain à cette lubie. Mais lire n’était pas suffisant. Je devais partager ma passion. C’est ainsi qu’un premier blog a vu le jour : il m’a fait évolué ! La lecture et surtout le partage autour de celle-ci. Le blog m’a permis de rencontrer des dizaines de personnes aussi passionnées que moi, d’horizons bien différents. J’ai appris, j’ai assimilé jusqu’à l’impact.

Au bout de quatre ans, c’était l’électrochoc. A 25 ans, j’avais envie de renouveau. J’avais envie de travailler dans un milieu en perpétuel évolution et qui me permettrait, égoïstement, de continuer à faire ce que j’aimais : apprendre, lire, partager. C’est ainsi que j’en suis venue à me renseigner sur le BP libraire. Et à peine m’étais-je mis en tête que c’est ce que je voulais faire que je trouvais déjà l’entreprise où je pouvais faire mon alternance de deux ans. Un coup de tête salvateur qui a été décidé en moins de deux semaines : j’ai tout claqué, j’ai traversé la France et j’ai recommencé.

 

Le bilan

Maintenant que mon apprentissage vient de se terminer, je peux dire avec la tête froide que je n’ai aucun regret malgré ma recherche d’emploi. J’ai pris un réel plaisir à devenir libraire pendant les deux dernières années. Je me suis réellement éclatée dans ma vie quotidienne, j’allais travailler le sourire aux lèvres. J’étais heureuse ! C’est la meilleure décision que j’ai prise jusqu’à maintenant. La librairie représente tout ce qui m’anime et le partage y est présent comme à nul autre endroit. Peut-être que mon caractère y est pour quelque chose aussi pour ce dernier point.

Ma seule petite bête noire fut la reprise des cours, non pas que je ne voulais pas mais plutôt par rapport à l’endroit où je me suis retrouvée. Je devais parcourir 140km par jour à chaque semaine de cours. Le réveil sonnait à 4h et en arrivant chez moi le soir entre 19 et 20h je ne pensais qu’à une chose : rejoindre mon lit. Ce n’est pas pour autant que j’ai perdu mon sourire, j’ai fait face avec toute la force mentale que je peux avoir, je me suis heurtée à de multiples reprises à l’administration parce que quand il faut y aller il faut y aller ! Les professeurs, majoritairement des professionnels du secteur, étaient excellents mais demandaient un travail tel qu’il m’était impossible d’arriver à m’octroyer quelques heures de lecture par-ci par-là. Le comble pour quelqu’un qui veut en faire son métier ! Mais j’y suis malgré tout arrivée : j’ai décroché mon diplôme et j’espère un jour devenir une libraire accomplie et épanouie.

Jusqu’à ce qu’une nouvelle lubie me prenne aux tripes et que je décide de tout claquer pour recommencer ailleurs. Loin. Très loin d’ici…

6 Replies to “Ma reconversion professionnelle”

  1. Moi aussi, j’aimerais travailler plus en bibliothèque qu’en librairie (notamment parce que la partie commerciale/vente n’est pas du tout mon truc), malheureusement après un bac pro secrétariat (je ne savais pas ce que je voulais faire, on m’a orienté dans ça car j’étais calme et réservée) après avoir pu faire mon DUT Info-Com (grâce à la Mission Locale) et un Parcours d’Orientation et d’Insertion avec un stage en librairie et un en bibliothèque (où enfin j’allais quelque part sans stresser), malheureusement aucune embauche possible, je suis revenue à la case “Recherche emploi”. Ma conseillère Pôle Emploi ne veut pas entendre parler du secteur du livre qui est bouché. Je m’intéresse à pas mal de choses mais selon elle c’est des choses inutiles. Par exemple : j’adore les livres, une vraie addiction, j’aime également le numérique (les réseaux sociaux, mes blogs et je m’intéresse à Photoshop grâce à la photo). Je suis les cours d’OpenClassRoom afin d’en apprendre plus sur le numérique.

    1. Oula, ça m’inquiète encore plus maintenant ! 😉
      J’ai pris le chemin de la librairie sur un coup de tête parce que j’adorais les livres. Et je n’ai pas été déçu du changement et de mon apprentissage bien que la charge a été souvent lourde à porter… Mais c’est vrai que c’est un secteur bouché, certainement plus en bibliothèque parce qu’il y a un concours d’état. J’envisage moi-même de me réorienter dans la comm et le web. J’attends d’ailleurs un rendez-vous avec ma conseillère pôle emploi pour en discuter. Advienne que pourra !
      Je ne connais pas du tout OpenClass Room, je vais aller me renseigner. Merci pour la petite info !

  2. I FEEL YOU (oui, je sais que tu parles pas un mot d’anglais mais tu me connais, right?)
    Certes, on n’a pas eu le même parcours mais je sais combien c’est difficile de vouloir changer de voie et/ou de devoir reprendre les cours (et puis bon, j’suis bien placée pour savoir comment s’est passé la formation, hein).
    Moi j’regrette pas que t’aie fais la formation ! Ca m’aura au moins permis de rencontrer une fan de Pendergast mais aussi de Star[Gate/Trek] (choisis).

    1. Oui, je te connais maintenant et je sais que c’est plus fort que toi. Mais je préfère l’anglais au portugais, j’ai plus de chance de comprendre ;).
      On a souvent parlé de la formation ensemble, on partage notre point de vue, ça ne fait aucun doute. Mais malgré les différences, dans l’ensemble, cela s’est très bien passé. C’est plus l’aspect “transport” qui m’a vraiment dégoutté… Je n’ai aucun regret en soit, pour une fois que je prenais la décision de faire quelque chose que j’aimais. Et je ne regrette pas non plus de t’avoir rencontrée ! Et je n’ai aucun choix à faire, j’aime autant le Gate que le Trek, tu le sais bien 😉

      J’espère sincèrement qu’on aura l’occasion de se recroiser un jour malgré nos chemins qui bifurquent !

  3. T’as eu un sacré courage de faire ça ! Surtout pour les cours, ça a du te bouffer une énergie folle ! Ca me rassure de lire ça parce que je suis assez incertaine sur mon avenir et même si je kiffe ce que je fais (en ce moment je sais pas si je fais de la bio-info ou du dev’ de jeux vidéos tellement les deux se mélange haha :v ) faut admettre que c’est un peu bouché comme milieu. Du coup je ne me ferme pas à l’idée d’avoir à me réorienter, tout en espérant vraiment avoir l’occasion de finir dans quelque chose qui me plaît vraiment, et pas m’emmerder à coder le site web d’une banque… :’) Du coup lire que des gens en ont eu l’énergie et qu’ils ne le regrettent pas, ça me rassure vach’ment !

    1. Tu ne peux imaginer à quel point les deux années ont été difficile de ce point de vue là… C’est d’ailleurs le sujet qui m’a le plus fait m’interroger sur ma volonté d’y arriver.

      Je t’avoue que la décision n’a pas été simple de faire une reconversion. Je me complaisais assez bien dans ce que je faisais, au moins j’avais le temps nécessaire pour faire ce que je voulais à côté. Mais je pense que vivre par passion est devenu plus important que de vivre par nécessité comme c’est souvent le cas. Je pense quand même que la vie est un éternel recommencement. Mes envies, et ma maturité, m’ont fait prendre conscience que je voulais encore plus. La librairie est un milieu qui me plait, il y a tout ce que j’aime. Mais je pense que mon avenir est sur une terre étrangère. Malheureusement, mon niveau d’étude supérieur ne va pas me permettre de trouver du travail facilement et encore moins d’obtenir un visa. Comme quoi, mon cheminement n’est peut-être pas tout à fait fini puisque je me mets à y penser de plus en plus, le chômage n’aidant pas…

      Dans tous les cas, je te souhaite de te retrouver dans une filière qui te plait et dans laquelle tu t’épanouies. Si tu veux, on pourra en parler plus en profondeur mais le seul conseil que j’ai à te donner est de ne pas te fermer des portes. Si jamais tu veux faire autre chose, il ne faut que rien t’arrête. Ce n’est malheureusement pas une décision à prendre à la légère, surtout quand on a une famille, mais il faut oser y aller et sauter les bras écartés.

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